C’est suite à la publication de la bibliothèque de Roger Pineau que Serge Ippolito me confiait posséder une collection contenant plus de 300 références ! C’était dès lors devenu une certitude : Forbach serait un jour ou l’autre sur la route Billiard On The Road !
Ce n’était pas prévu, mais finalement je suis passé en Alsace et c’est donc le 18 juillet 2022 que j’ai pu rencontrer Serge, prévenu seulement 3 ou 4 jours avant, et admirer sa collection de livres, de revues, de cours en tout genre. Vous avez dans la galerie ci-jointe des photos de sa salle, de sa bibliothèque, mais aussi de sa collection de bibelots en tout genre. Cet endroit, où trône un vrai tiers de match, ardoise de 50mm, respire la passion pour le billard qu’il explique lui-même dans le texte juste après le mien.
Serge est un passionné, il ne resistera pas à la possibilité de posséder un nouveau livre qu’il n’a pas encore ou tout autre objet à collectionner en lien avec le billard. Il est aussi rigoureux et va jusqu’au bout de ses passions, à l’image par exemple des cours qu’il a lui-même créé pour ses élèves, reprenant méticuleusement du contenu d’autres joueurs plus expérimentés. Il est de plus un joueur talentueux, gravissant sur cette base tous les échelons jusqu’en N1… Pour aller au-delà, on pourrait penser de prime abord qu’il est un peu fénéant, mais il préfère penser de lui qu’il lui manque une méthode de travail le guidant au quotidien. Alors sans doute que nous nous reverrons en 2023 !
Rien à voir avec le billard, mais pour mieux comprendre Serge, il faut savoir qu’il n’est pas que passionné de billard… il pratique le golf, le tennis et surtout c’est un fanatique de bridge. Un seul chiffre : 3’000… c’est le nombre d’ouvrages qu’il possède sur le bridge ! Je crois qu’après cela, vous devinez mieux à qui nous avons à faire !
Je vous laisse découvrir la bibliothèque de Serge avec son propre tableau de références, auquel j’ai ajouté des photos recto et verso de certains livres. Les plus courants que nous connaissons déjà à travers la bibliothèque de Pineau n’ont pas été pris en photo. Les centaines de revues non plus et c’est l’occasion de préciser que Serge est très fier de posséder l’ensemble des revues de France Billard, Le Billard Sportif et Sport Billard !
Si vous voulez lui donner un coup de main, il a également listé les ouvrages qu’il recherche…
Sa passion pour le billard, vue par... Serge lui-même !
« Avant mes 16 ans, il n’y avait que le foot qui m’intéressait. A cette époque pas d’internet, pas de réseaux sociaux peu de télévision et donc aucune visibilité par exemple sur le golf et le tennis qui m’étaient complètement inconnus La passion du ballon rond m’est venu assez naturellement du fait que mon père m’emmenait voir les matchs de foot de l’OL et que j’ai pu adhérer à la prestigieuse et réputée école de football de l’Olympique Lyonnais. Mais (ne pas rire !) en tant que minime et cadet j’étais plutôt de frêle constitution et je devais batailler dur le jeudi à l’entrainement pour que mon entraineur me sélectionne dans le 11 de départ pour le grand match du dimanche. En junior, Il a fallu choisir entre l’option sport étude ou études traditionnelles. Mon père a vite tranché cette conjecture ! Mes rêves de succéder à Fleury Di Nallo (la star de l’OL dans les années 65-70) s’étant évanouis, Je pouvais me consacrer corps et âme à l’obtention de ce cher baccalauréat. Mais il se trouve que, sur le chemin de l’école, se trouvait l’une des plus belle salle de billard de France à l’époque: la salle Rameau. Celle-ci équipée de grandes baies vitrées permettaient aux badauds de regarder sans comprendre le cheminement des billes. Du simple curieux du début, je devins amusé, intrigué puis captivé. Un jour, je pris mon courage à 2 mains et entra dans cette vénérable et immense salle. J’étais lancé, mais le billard coûte cher et je devais solliciter ma mère voire vendre en cachettes quelques consignes pour faire une petite partie. Quoi dire sur cette 1ère expérience billardesque : Pour faire court, il y avait d’un côté les bons joueurs, ceux qui jouent sur 3,10 m et qui, parole de gone, ne m’ont jamais donné le moindre conseil- jugeant sans doute à raison que mes premiers points n’inauguraient pas le champion de demain et de l’autre pléthore de joueurs voguant à 2 de moyenne très désireux de me faire partager leurs maigres connaissances (je leur en suis néanmoins très reconnaissant C’est dire qu’en entrant en classes préparatoires je tournais au mieux à 1,5 de moyenne et que j’ai pu, abandonner provisoirement le billard pendant 3 ans sans trop de remords.
Ayant intégré l’école des mines de St Etienne en 1976, la cadence de travail atténuée m’a permis d’aller à l’académie de billard de St Etienne. Et là se fut le vrai déclic. J’ai vu jouer Jean Galmiche énorme champion dans les années 1950 et quelques anciens fort joueurs moins réputés qui m’ont transmis, et ce définitivement, la passion du billard
Mon diplôme d’ingénieur en poche, 1979 fut une année sans billard au service de la nation
En 1980 débute simultanément ma carrière professionnelle au centre de recherche des Charbonnages de France à Verneuil en Halatte (à 50km de Paris) et ma modeste carrière de joueur de billard …. au billard club de Montataire Ma moyenne stagnant désespérément à 2, je décide de participer au conservatoire de billard du 1er cycle organisé par Francis Connesson à Istres (nous étions 30 stagiaires !!). Ce fut une vraie catastrophe : Mon coup de queue court fut la désolation de Francis qui, en toute amitié, me conseilla d’abandonner le billard. Mais j’étais têtu et de plus en plus passionné. Avec le Solfège du billard en livre de chevet et quelques heures sur le tapis vert, je peaufinais mon mécanisme en mettant en place tant bien que mal les 7 gestes.
L’année suivante au conservatoire d’Andernos, j’ai obtenu la médaille de bronze à l’examen de la flèche d’or (Magalie Déclunder est la seule élève de Francis à avoir obtenu la flèche d’or) et le droit de participer à un stage de 2ème cycle sur la conception.
Ces 3 première années à Verneuil ont été magiques pour moi. En plus du billard, j’ai découvert le bridge, le tennis et le golf. Plusieurs fois par semaine je me rendais sur Paris pour jouer au billard (à Wagram, superbe salle de billard où évoluaient notamment G. Bourezg et Darryl Cowl) rechercher des livres de billard en écumant les bouquinistes parisiens et danser le rock dans une célèbre boite de jazz ;la fameux Caveau de la Huchette du quartier Latin.
Au sein du billard club de Montataire, j’ai participé à quelques compétitions. En mai 1983 lors d’un match à la partie libre à Compiègne, je joue un match contre un gamin de 15 ans manifestement prometteur. Je m’aperçois que l’arbitre, son père, indique à son fils, par quelques mimiques, quelle bille jouée. Cela m’amuse, mais je gagne quand même ce match. C’est la 1ère fois (et la dernière à n’en point douter) que je battais…Alain Rémond. C’est surtout à cette époque que ma collection de livres de billard se développe le plus. En plus des livres classiques s’ajoutent certains ouvrages plus rare de Berger, Graveleuse et bien d’autres qui n’ont que peu d’intérêt d’un point de vue pédagogique ou technique mais qui constitue un richesse historique importante sur le noble jeu de billard. A ce jour plus de 300 livres de billard et 600 revues constituent cette collection.
Fin 1983 je retourne en Lorraine en tant qu’ingénieur des mines fond. Les conditions de travail sont plus dures et plus austères, mais ce combat incessant contre dame nature au fond de la mine avec ses mineurs solidaires travailleurs et de multi nationalité constitue une expérience d’une richesse infinie.
Immédiatement, je m’inscris au billard club de Petite-Rosselle ; étonnant petit club frontalier et ses 50 membres à l’époque. Il se tenait des grands banquets quasiment mensuellement, des matchs interclubs avec les clubs sarrois des villes jumelées. Malgré les 5 billards, il fallait attendre son tour pour jouer. L’ambiance était super.
Pendant les 25 années qui suivirent j’ai tenté de concilier avec mal mes différentes passions : tournois de tennis, compétition de bridge (sélection nationale) golf (plus modestement !) et bien sûr le billard la plus grande de mes passions malgré mes progrès d’une lenteur infinie§
Ma 1ère série de 100 (libre sur 2,6m)
Ce 15 aout 1984, il faisait manifestement trop chaud pour envisager de faire une partie de billard. Roger Schilling (natif de Petite-Rosselle, électromécanicien au fond de la mine du puits Simon …et champion de France excellence, meilleur jouer du club) emmène le vrai citadin que je suis à la cueillette des mûres. 3h plus tard, les doigts meurtris par les ronces, nous retournons au club pour savourer une bonne bière. Nous décidons, malgré nos doigts rougis par le noble fruits et la certitude d’une piètre prestation de faire une petite partie. Mais ce jour-là, les dieux du billard étaient avec moi : 97,98,99, 100 Incroyable, ma 1ère série de 100 !
Ma 1ère (et dernière) série de 200 (libre sur 2,8m)
C’était en 2002 Championnat de France N2 à Fouquière les Lens dans le Nord. C’est ma 1ère finale. 1er match billes neuves, tapis neuf. Mon adversaire rate le point d’entrée. J’entre en jeu alors que mes jambes flageolent. Après un joli rappel de long…j’aligne les 199 suivant sans rater. C’étaient ma 1ère série de 200 points Je ne fis que 3ème à ce championnat avec 36,6 de moyenne ce qui dépassait toutes mes espérances.
Mon emploi du temps ne me permettait pas de m’entrainer beaucoup et en nationale 1 sur 3,10m j’avais du mal à exister en face de joueurs mieux aguerris que moi.
En nationale 2 au cadre, il m’a toujours manqué ce petit supplément d’âme me permettant l’accession au stade supérieur ; et ce malgré les nombreux stages réalisés tous les ans pendant la période estivale.
Un jour, le billard club du Ban St Martin organise une sympathique rencontre amicale au cadre 47/2 avec les 5 meilleurs joueurs de Lorraine. Je n’ai pas gagné (Franck Zahner) mais j’ai certainement connu ma plus grande joie au billard. Devant une assistance nombreuse, j’ai réalisé contre André Fellini une série de 157 sur mouche (et gagné la partie) ! La nature humaine est faible ; j’étais content que le petit gars du petit club de Petite-Rosselle soit vu sous un autre angle !
En retraite désormais, ma passion du billard est toujours intacte bien que mes progrès soient epsilonesques. J’ai passé mes diplômes pour pouvoir enseigner le billard (CFA et DFI). J’aime à partager mon modeste savoir. J’ai également passé mon diplôme d’arbitre national ce qui m’a permis de tenter de percer au plus près les secrets des joueurs mieux capés que moi (mais j’ai bien peur que ses secrets soient bien gardés !). Quant à ma collection de livres de billard, : elle est comme moi, elle s’enrichit lentement.
Des regrets au billard ?
Peu. J’aurais bien aimé acquérir ce petit (grand ?) quelque chose qui m’aurais permis d’entrer dans la cour des grands. Plus raisonnablement j’aurai bien aimé connaitre Roland Dufetelle. »
Si vous êtes intéressé à échanger avec Serge ou que vous souhaitez apporter des précisions, merci de contacter Serge directement : serge.ippolito69@sfr.fr.
Il lui manque des ouvrages qu’il recherche activement, si vous pouvez l’aider prenez contact avec lui. Voici le tableau des livres manquants.
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